Vitalik Buterin insiste : les stablecoins décentralisés restent la pièce manquante pour l’avenir des cryptos

En ce début 2026, Vitalik Buterin remet un sujet technique au centre du débat public : la qualité des stablecoins « vraiment » décentralisés. Alors que le marché des stablecoins pèse désormais autour de 307 milliards de dollars et que les volumes quotidiens dépassent régulièrement plusieurs dizaines de milliards, l’écosystème crypto continue de s’appuyer majoritairement sur des jetons exposés à des points de contrôle centralisés.
Pour le cofondateur d’Ethereum, c’est un paradoxe : la finance on-chain progresse, mais sa brique monétaire la plus utilisée reste vulnérable à la censure, aux pressions réglementaires et aux chocs de confiance.
Pourquoi les stablecoins décentralisés comptent autant pour la DeFi et pour la finance
Le constat est simple : les stablecoins sont devenus la couche de liquidité des marchés crypto. Selon les données de marché, la capitalisation totale des stablecoins atteint 307,9 milliards de dollars, avec un volume d’échanges sur 24 heures affiché à 80,3 milliards.
Dans le détail, l’USDT dépasse 186,7 milliards, l’USDC avoisine 74,6 milliards, tandis que des stablecoins plus « DeFi » comme SKY (5,36 milliards) et USDe (6,38 milliards) restent loin derrière. Derrière cela, les projets deviennent pharaoniques. Par exemple, Circle, l’émetteur de l’USDC, ambitionne à terme de devenir une banque américaine.
Or, cette domination des stablecoins centralisés pèse lourd : une grande partie d’entre eux peut être gelée, blacklistée ou bridée. Vitalik Buterin souligne ainsi que, si l’on veut que la DeFi rivalise durablement avec la finance traditionnelle, elle doit disposer d’une monnaie numérique résistante aux interventions arbitraires, utilisable en collatéral, en paiement et en épargne, sans dépendre d’un acteur unique.

Le sujet est d’autant plus sensible que les usages s’élargissent. Plusieurs rapports de marché décrivent 2025 comme un tournant, avec une offre de stablecoins ayant largement passé les 300 milliards de dollars et des transactions mensuelles moyennes autour de 1 100 milliards sur la fin d’année. Résultat : les stablecoins ne servent plus à attendre entre deux trades, ils deviennent un outil de trésorerie et de règlement, y compris pour des acteurs institutionnels.
Les trois obstacles pointés par Vitalik : dollar, oracles, rendement
Dans ses prises de parole récentes, Vitalik Buterin met en avant trois nœuds techniques qui freinent l’émergence de stablecoins décentralisés robustes.

Premier obstacle : l’obsession du peg au dollar. Une écrasante majorité des stablecoins vise une parité 1:1 avec l’USD, au point que près de 95 % du marché resterait indexé sur le dollar. Vitalik estime qu’à long terme, cette dépendance importe dans la crypto les fragilités d’une seule référence monétaire (inflation, cycles de taux, choc de confiance), alors même que la promesse initiale des crypto-monnaies était de diversifier les risques.
Deuxième obstacle : la question des oracles. Pour maintenir une stabilité, beaucoup de mécanismes s’appuient sur des prix externes. Mais si un oracle peut être acheté ou manipulé par un capital suffisamment important, tout l’édifice vacille. Vitalik insiste sur l’enjeu de conception : construire des oracles réellement distribués, difficiles à capturer financièrement, et cohérents avec une logique de sécurité crypto-native.
Troisième obstacle : la concurrence du rendement. Avec la montée des produits « yield-bearing », la barre s’est relevée. Un rapport sectoriel note que ces stablecoins à rendement sont passés d’environ 9,5 milliards à plus de 20 milliards en 2025, avec des rendements entre 2 % et 10 %, pour une moyenne autour de 5 %.
Dans ce contexte, un stablecoin décentralisé qui ne propose aucune rémunération peine à attirer la liquidité. Vitalik va jusqu’à évoquer une piste radicale côté Ethereum : réduire fortement les rendements du staking, autour de 0,2 %, afin de limiter l’effet d’aspiration des actifs sans risque sur les stablecoins. La question est la même pour d’autres blockchains, notamment Solana dont le secteur dépasse désormais les 15 milliards de dollars. En pleine ascension sur ces douze derniers mois.

Vers une nouvelle génération de stablecoins décentralisés
Ainsi, le message est clair : l’industrie doit sortir du faux choix entre stabilité et souveraineté. La prochaine vague pourrait passer par des modèles surcollatéralisés plus sobres, des index alternatifs (panier de biens, pouvoir d’achat), et des architectures d’oracles mieux alignées avec la décentralisation. Pendant ce temps, de nombreux acteurs entrent dans le jeu. Après la rémunération en stablecoins par YouTube, au tour de Sony d’arriver avec son propre projet.

Pour Ethereum, l’enjeu est stratégique : si la blockchain ambitionne d’être une infrastructure financière mondiale, elle doit pouvoir proposer une monnaie stable non censurable, au même titre que des architectures de paiement performants. À 307 milliards de dollars de capitalisation, les stablecoins ne sont plus un détail, ce sont déjà une industrie, et donc un risque systémique potentiel, si leurs fondations restent centralisées.
Pour aller plus loin sur le sujet :
- Programme de parrainage Binance en 2026 : invitez, partagez et encaissez des récompenses
- Claude prédit la prochaine hausse de XRP et l’adoption du RLUSD de Ripple
- Les actions vénézuéliennes s’envolent : voici la meilleure crypto pour profiter du mouvement haussier