Circle va devenir une banque américaine ? Les approbations et la conformité avancent pour le géant de la crypto

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Circle se rapproche d’un statut bancaire fédéral aux États-Unis, mais la nuance est décisive : il ne s’agit pas d’ouvrir une « banque de détail » comme une autre. Le groupe derrière l’USDC vise une charte de “national trust bank” pour encadrer, au niveau fédéral, la gestion des réserves et des services de conservation d’actifs numériques.

En toile de fond, un nouveau cadre légal américain pour les stablecoins, le GENIUS Act, pousse les émetteurs à renforcer transparence, gouvernance et conformité. Et Circle veut manifestement être parmi les premiers à cocher toutes les cases.

Une trust bank fédérale, pas une banque de dépôt

Le jalon le plus tangible est venu du régulateur bancaire fédéral américain : l’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) a accordé à Circle une approbation conditionnelle pour la création de First National Digital Currency Bank, N.A., une future banque fiduciaire nationale.

Cette étape reste intermédiaire : l’OCC précise que l’autorisation finale, et donc le démarrage effectif, dépend du respect d’exigences dites dde « pré-ouverture », avec la possibilité de modifier ou retirer l’accord en cas d’évolution défavorable.

Concrètement, une national trust bank ne fonctionne pas comme une banque classique. Elle n’a pas vocation à collecter des dépôts du public ni à distribuer des prêts. Le cœur du modèle est ailleurs :services fiduciaires, conservation, “safekeeping”, et, dans le cas présent, supervision de processus critiques autour des réserves qui soutiennent un stablecoin.

Autre point clé, souvent mal compris : selon les documents examinés par l’OCC, la future entité bancaire n’émettrait pas elle-même l’USDC. Le schéma envisagé place plutôt l’émission sous une structure de trust régulée au niveau de l’État de New York, tandis que la banque fédérale fournirait notamment des services de gestion des réserves et de conservation d’actifs numériques pour le groupe, dans un cadre fiduciaire.

L’effet GENIUS Act : transparence des réserves, règles de marché, supervision

Cette stratégie s’inscrit dans un moment réglementaire précis. Le GENIUS Act, promulgué le 18 juillet 2025, instaure aux États-Unis un cadre fédéral pour les payment stablecoins. Le texte impose notamment un adossement à 1:1 à des actifs liquides (dollars, actifs assimilés, typiquement cash et bons du Trésor à court terme), des exigences de publication et de politique de remboursement, ainsi que des règles de supervision et d’examen pour les émetteurs qualifiés.

Pour Circle, la trajectoire est limpide : transformer une promesse de conformité en infrastructure régulée. L’USDC est déjà un mastodonte : fin décembre 2025, sa capitalisation tournait autour de 76,36 milliards de dollar. À ce niveau, la crédibilité ne se joue plus seulement sur la technologie, mais sur la robustesse des contrôles, la qualité de la garde, et la capacité à répondre vite en cas de stress de marché.

Circle met aussi en avant une transparence accrue sur ses réserves, avec des publications régulières et des attestations mensuelles par un cabinet de premier plan. Le groupe rappelle par ailleurs l’architecture de conservation, avec une part majeure des réserves associées au fonds monétaire dédié conservée chez BNY Mellon, et une gestion d’actifs assurée par BlackRock, un empilement destiné à parler le langage des investisseurs institutionnels.

Ce que cela change pour l’USDC et la bataille des stablecoins

Si Circle obtient l’autorisation finale, l’enjeu dépasse l’entreprise. En effet, une trust bank fédérale donne un signal fort aux marchés : celui d’un stablecoin adossé à une mécanique de contrôle plus proche des standards bancaires, même sans dépôts ni crédit. Dans un secteur où la confiance se mesure en points de base, cette crédibilité peut peser sur l’adoption dans les paiements, la tokenisation et la gestion de trésorerie.

Le mouvement a aussi valeur de précédent : l’OCC a accordé, le même jour, des approbations conditionnelles à plusieurs acteurs crypto, ce qui dessine un couloir fédéral pour la conservation et les réserves. À court terme, cela pourrait accroître la pression concurrentielle entre émetteurs, notamment sur la transparence, la qualité des actifs de réserve et les dispositifs de conformité.

La question « Circle devient-il une banque américaine ? » appelle donc une réponse nuancée : oui, potentiellement, au sens d’une banque fiduciaire nationale supervisée au niveau fédéral, mais non, au sens d’une banque traditionnelle. Et c’est précisément cette nuance qui pourrait devenir l’avantage stratégique de Circle dans la finance crypto de 2026. Pendant ce temps, le géant travaille sur sa propre blockchain. Une étape supplémentaire vers l’adoption avec Arc.


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