Légalisation du trading crypto en Russie : tout ce qu’il faut savoir

Depuis 2024, Moscou accélère sur les cryptomonnaies, non pas par effet de mode, mais par nécessité financière. La Russie prépare désormais un cadre qui autoriserait le trading crypto à l’intérieur du pays, tout en maintenant des interdictions clés. Entre plafonds pour les particuliers, tests de connaissance et calendrier législatif très balisé, voici ce qui change, et ce qui ne changera pas.
Ce que la Russie légalise (et ce qu’elle interdit)
Le virage le plus visible date du 23 décembre 2025 : la Banque de Russie a présenté un concept de régulation rendant les cryptoactifs accessibles aux investisseurs, selon des règles distinctes. Le texte classe les cryptomonnaies et les stablecoins comme des « actifs de devise », ce qui signifie qu’ils peuvent être achetés et vendus, mais pas utilisés pour payer des biens et services sur le territoire russe. Autrement dit, la Russie ouvre la porte à l’investissement, pas à la « crypto-monnaie du quotidien ».
Cette approche s’inscrit dans une trajectoire enclenchée avec les usages transfrontaliers. Fin 2024, le ministère des Finances indiquait que des entreprises russes avaient commencé à utiliser le bitcoin et d’autres actifs numériques pour des paiements internationaux, dans le cadre d’un régime expérimental, afin de contourner les frictions bancaires liées aux sanctions.

En parallèle, le Kremlin cherche à mettre de l’ordre dans l’écosystème, notamment côté mining. Des projets de durcissement visent l’« extraction illégale » et l’activité d’intermédiation non autorisée, avec des sanctions évoquant des amendes pouvant aller jusqu’à 2,5 millions de roubles et des peines pouvant atteindre 5 ans dans certains cas, à partir de l’entrée en vigueur prévue de dispositions pénales.
L’ouverture du trading et les limites en la matière
Le cœur du dispositif repose sur un modèle à deux vitesses. Pour les investisseurs non qualifiés, l’accès serait limité aux cryptos les plus liquides (une liste encadrée par des critères fixés par la loi), après un test, avec un plafond de 300 000 roubles par an via un seul intermédiaire.
Les investisseurs qualifiés, eux, pourraient accéder à « toutes » les cryptomonnaies, à l’exception des jetons anonymes (assimilables aux privacy coins), sans limite de montant, mais après un test de sensibilisation au risque. La Banque de Russie insiste sur la volatilité, l’absence d’émetteur identifiable et les risques liés aux sanctions, en rappelant explicitement la possibilité de perdre l’intégralité des fonds investis.
Le schéma privilégie une intégration à la finance traditionnelle : bourses, brokers et gestionnaires pourraient opérer via leurs licences existantes, avec des exigences spécifiques pour des dépositaires et « bureaux de change » spécialisés crypto.
Le concept précise aussi que les résidents pourront acheter des cryptos à l’étranger via des comptes étrangers, et transférer certains soldes via des intermédiaires russes opérant à l’international, à condition de déclarer ces opérations au fisc.
Calendrier de 2026 à 2027 et enjeux pour la finance russe
Le calendrier est presque aussi important que les règles. La Banque de Russie vise une rédaction du cadre légal avant le 1er juillet 2026. Puis, à partir du 1er juillet 2027, la loi introduirait une responsabilité pour les opérations illicites des intermédiaires, sur un modèle proche de la répression de la « banque illégale ».

Cette normalisation arrive alors que la Russie développe déjà des instruments hybrides entre finance classique et blockchain.
Le marché domestique des « digital financial assets » (DFAs) est estimé à 13 milliards de dollars en 2025, et certains segments liés aux produits crypto, comme les dérivés, montent en puissance, avec un volume cité de 636 millions de dollars sur des contrats à terme crypto à Moscou sur un mois record en 2025. Chainalysis converge ses analyses en ce sens avec des flux crypto conséquents sur le territoire Russe.
Pour les investisseurs, le message est clair : l’État veut canaliser l’appétit crypto vers des circuits supervisés, tout en gardant le contrôle monétaire (paiements domestiques interdits) et en renforçant la conformité. Résultat, la « légalisation » en Russie ressemble moins à une dérégulation qu’à une institutionnalisation du trading crypto, sous plafond et sous test, avec un filet réglementaire serré.
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