Stablecoins à 310 milliards de dollars : 2026, le bullrun des stablecoins institutionnels ?

En décembre, l’encours mondial de stablecoins a franchi un seuil symbolique, autour de 310 milliards de dollars. Ce record, établi alors même que le marché crypto reste volatil, confirme une tendance de fond : la « monnaie on-chain » devient un outil de trésorerie et de règlement à part entière. Derrière les chiffres, un basculement s’opère : des usages historiquement centrés sur le trading vers des cas d’usage plus proches de la finance traditionnelle.
Un record à 310 milliards, reflet d’une demande de « cash numérique »
Selon des données de marché, la capitalisation totale des stablecoins oscille désormais autour de 309–310 Md$, avec un sommet enregistré à 310,117 Md$. La progression est nette : sur 2025, la valorisation aurait gagné environ 50 % par rapport au début d’année, signe d’une demande persistante pour des actifs stables, liquides, transférables 24/7.

Le marché reste toutefois très concentré. Deux stablecoins en dollars dominent largement (USDT et USD), avec un duopole qui pèse l’essentiel de la liquidité mondiale. Dans les dernières données disponibles on-chai, l’USDT représente environ 184 Md$ et l’USDC 75 Md$, soit près de 90 % à eux deux. Dans le même temps, les stablecoins en euros restent marginaux, autour de 395 millions d’euros, malgré un cadre réglementaire européen désormais pleinement en place (MiCA).
Cette montée en puissance s’explique par une réalité simple : les stablecoins sont devenus la « rampe » la plus efficace entre crypto et monnaie fiat, mais aussi un instrument de paiement interne à l’écosystème. Sur certaines blockchains, la répartition illustre déjà une spécialisation des usages : sur Solana, par exemple, certains stablecoins cumulent à eux-seuls plusieurs milliards de dollars de valorisation. Et avec l’arrivée d’acteurs comme YouTube, cela va s’accélérer.
Pourquoi les institutions accélèrent : régulation, paiements, trésoreries
Le moteur le plus puissant pour 2026 pourrait être la combinaison « régulation et distribution ». Aux États-Unis, l’adoption d’un cadre dédié aux stablecoins en 2025 a clarifié les exigences sur la qualité des réserves, la gestion des risques et la conformité. En Europe, le règlement MiCA encadre déjà les émetteurs et les prestataires, réduisant l’incertitude juridique, un facteur clé pour les banques, les assureurs et les trésoriers d’entreprise. Mais les stablecoins euros peinent à décoller…

Dans la foulée, les grands réseaux de paiement et certaines banques accélèrent les pilotes de règlement en stablecoins. Un programme de règlement en stablecoin indexé sur le dollar a été ouvert à des banques américaines, avec une montée en charge évoquée pour 2026. L’enjeu est clair : passer d’un limité aux heures ouvrées à un règlement quasi instantané, continu, potentiellement moins coûteux sur certains corridors. À l’échelle institutionnelle, même un petit pourcentage des flux suffit à créer un effet de levier massif.
Enfin, l’économie des stablecoins attire la finance : les réserves, souvent placées en cash et bons du Trésor américain, génèrent des revenus sensibles au niveau des taux. L’USDT a affiché 557,9 M$ de revenus de réserves sur un trimestre (T1 2025), illustrant pourquoi les acteurs cherchent à sécuriser un statut plus bancaire et à industrialiser la gestion des réserves. Le modèle est simple : plus la valorisation est élevé, plus la mécanique financière devient stratégique, et plus les exigences de transparence et d’audit deviennent un avantage compétitif.
2026, bullrun… ou stress test ?
Le scénario d’un « bullrun institutionnel » en 2026 se dessine si trois conditions se confirment : une interconnexion plus forte avec les systèmes de paiement, une offre régulée (réserves, contrôles, gouvernance), et des usages concrets (DeFI, trésorerie, règlement inter-entreprises, marchés tokenisés). Des projections de grandes institutions financières vont loin : un scénario central évoque 1,9 billion de dollars de capitalisation à l’horizon 2030, avec un scénario optimiste à 4,0 billions, et des volumes de transactions annuels pouvant atteindre près de 100 billions de dollars.
Mais l’histoire des stablecoins rappelle aussi le risque de « bank run numérique » : décrochage de l’ancrage, crise de confiance, arbitrages réglementaires entre juridictions. Les autorités de stabilité financière soulignent que l’encours croissant, déjà autour de 8 % de la capitalisation crypto totale à mi-novembre, justifie une surveillance renforcée. Pour 2026, la question n’est donc pas seulement « jusqu’où ? », mais « avec quel niveau de garanties ? ». Si la réponse est convaincante, les stablecoins pourraient devenir l’infrastructure discrète mais décisive d’une partie des paiements et de la tokenisation des actifs.
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