Le Luxembourg mise 1 % en ETF Bitcoin : une première dans la zone euro

Le Luxembourg franchit un cap symbolique. Son Fonds souverain intergénérationnel (FSIL) a alloué 1 % de son portefeuille à des ETF bitcoin au comptant, une première pour un État de la zone euro. L’annonce a été faite lors de la présentation du budget 2026 à la Chambre des députés. Elle inscrit l’actif dans un cadre institutionnel et réglementé, sans garde directe de bitcoins par l’État.
1 % en ETF Bitcoin : ce qu’a annoncé le Luxembourg
Le ministre des Finances Gilles Roth a confirmé l’exposition du FSIL à hauteur de 1 % via des ETF bitcoin. Le choix passe par des véhicules régulés, cotés, qui s’appuient sur des réserves en espèces et en bons du Trésor, ce qui évite la garde on-chain par le fonds.
Au 30 juin 2025, le FSIL affichait un total de bilan d’environ 763,7 M€, d’après ses comptes semestriels. L’allocation représente donc environ 7 à 8 M€, selon les niveaux de marché.
Dans les faits, il ne s’agit pas d’un achat de bitcoins par la banque centrale. Il s’agit d’une exposition financière décidée par un fonds souverain à travers des ETF au comptant. Cette nuance compte. Elle place le mouvement du côté de la gestion d’actifs, avec des obligations de transparence et des rapports publics.
Pourquoi c’est un signal pour la zone euro et les marchés
Le Luxembourg devient le premier pays de la zone euro à officialiser une telle allocation au sein d’un fonds d’État. Le statut de place financière et la gouvernance du FSIL donnent à ce signal une portée régionale.
Par ricochet, l’annonce légitime l’usage d’ETF bitcoin par des acteurs publics, dans des proportions modestes et contrôlées. L’autorité d’État confère un degré supplémentaire de prudence et de méthode.
Le pays a par ailleurs actualisé la politique générale du FSIL en 2025. Le document-cadre précise la mission, la gouvernance et les marges d’allocation vers des actifs dits alternatifs. Cette mise à jour a ouvert la voie à des expositions ciblées, sous contrôle de l’Exécutif et du Parlement. Le suivi s’effectue via les publications budgétaires et les rapports du fonds.

Ce qu’il reste à surveiller : taille, choix des ETF et exécution
L’allocation annoncée est limitée. Elle vise d’abord à tester l’actif dans un cadre prudent, avec des montants calibrés. La question suivante portera sur le choix des ETF (place de cotation, teneur des réserves, frais, mécanismes d’émission et de rachat).
Les autorités n’ont pas détaillé les produits retenus, ni le calendrier d’exécution fine. Ces éléments devraient apparaître dans les prochains documents publics du FSIL.
Côté transparence, il faudra suivre les publications du FSIL, croiser les données budgétaires et vérifier les rapports annuels pour confirmer les montants exécutés.
Enfin, le Luxembourgeois n’achète pas de bitcoin en direct, il s’expose via des ETF. La gestion de la garde et des réserves incombe donc aux émetteurs de ces produits, sous la supervision de leurs régulateurs.
Source : Bob Kieffer
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