La loi crypto américaine bloquée par un débat sur le yield

Une nouvelle réunion à la Maison-Blanche entre crypto et banques n’a pas tranché le sujet qui bloque le reste. Les participants évoquent des échanges jugés « productifs », mais aucun compromis n’a émergé sur le rendement des stablecoins, point dur de la future loi « market structure ».
Un deuxième round de discussions jugé « productif » mais sans accord
Deux réunions en deux semaines, c’est beaucoup pour un texte censé surtout clarifier les frontières entre régulateurs. Après un premier rendez-vous le 2 février « fact-based », la Maison-Blanche a recommencé avec un casting large.
Du côté crypto, on retrouve Coinbase, Ripple, la Blockchain Association, le Crypto Council for Innovation. Du côté finance traditionnelle, il y a Goldman Sachs, Citi, JPMorgan Chase, et de grands groupes professionnels.
Le cœur du projet reste relativement consensuel. Le Congrès veut une loi précisant les rôles SEC/CFTC, la classification d’actifs et la supervision des plateformes. La Chambre a déjà avancé avec un texte similaire adopté en juillet, le CLARITY Act. Mais le Sénat n’a pas, pour l’instant, le carburant bipartisan nécessaire au sein de la Senate Banking Committee.
Dans cette mécanique fragile, le yield des stablecoins s’est imposé comme un test de loyauté. Coinbase a retiré son soutien le mois dernier, après une version interdisant tout paiement de rendement sur stablecoins. Quand le lobby crypto le plus audible à Washington décroche, ça pèse et signale une fissure exploitable.
Sur place, les sources décrivent une contestation nette des propositions bancaires par plusieurs acteurs crypto. Rien d’explosif dans la forme, mais pas d’atterrissage non plus. Bref, “productif”, oui. Décisif, pas encore.
Interdiction du yield : les banques défendent des principes plus stricts

Côté bancaire, l’argument reste constant : si un stablecoin de paiement offre un avantage économique, il devient une alternative au dépôt bancaire.
Et si le déplacement s’accélère via des plateformes grand public comme les exchanges, il peut créer un risque de liquidité. Il peut aussi bousculer la « safety and soundness » que les superviseurs protègent.
Les associations bancaires disent vouloir permettre l’innovation sans fragiliser les dépôts ; en coulisses, elles refusent surtout d’ouvrir une brèche durable. Sauf que leur position rapportée irait plus loin que prévu.
Les banques auraient proposé des “principes d’interdiction” : bannissement large du yield et d’avantages non financiers liés à un stablecoin de paiement. Avec des mesures anti-contournement, un enforcement renforcé et même des restrictions marketing.
C’est là que ça coince avec le dernier draft évoqué. Cette version serait plus nuancée : yield interdit pour une détention passive, mais récompenses limitées possibles, liées à l’activité. Typiquement, l’utilisateur est rémunéré parce qu’il utilise un service, pas juste parce qu’il conserve des jetons.
L’industrie crypto voit dans l’approche bancaire une interdiction de principe d’un levier d’adoption classique. Mike Belshe (BitGo) ne souhaite pas rouvrir le GENIUS Act, qui interdit déjà aux émetteurs de payer du yield. Il veut aussi éviter de retarder toute la loi de structure de marché pour ce point.
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