La Hongrie criminalise le trading crypto : Revolut suspend ses services

Aller en prison pour un simple trade ? C’est désormais l’effrayante réalité en Hongrie. Le 1er juillet dernier, le pays mené par Viktor Orban a promulgué une législation radicale qui risque de bouleverser l’écosystème hongrois tout entier. Celle-ci vient criminaliser le trading « non autorisé » de crypto. La punition : jusqu’à 8 ans derrière les barreaux. Le problème ? L’absence totale de directives d’application, et donc le risque d’assister à des décisions basées sur l’arbitraire. On vous explique.
Une criminalisation de la crypto
La loi est sévère :
- Jusqu’à 5 ans d’emprisonnement pour les particuliers ;
- 8 ans pour les plateformes.
La définition de trading « non autorisé » est bien trop floue : le manque d’attribution de licences officielles et d’organisme régulateur identifié, viennent ajouter de la complexité à la situation. Ce flou juridique pourrait paralyser un secteur qui attire toujours plus d’investisseurs, d’autant que les performances du Bitcoin amplifient la visibilité de l’univers crypto.

Selon Forbes, ce serait 500 000 Hongrois qui sont concernés par la mesure. Ces derniers pourraient choisir de fuir le pays pour des législations plus favorables, la Hongrie assisterait à une fuite de capitaux et d’utilisateurs sans précédent.
Revolut et d’autres acteurs de la FinTech suspendent leur activité
Revolut dit stop. Plus question d’offrir ses services en Hongrie, elle a d’ailleurs communiqué publiquement cette information. La firme ne veut pas s’exposer à des déboires juridiques dans un climat extrêmement incertain et imprévisible.
Les grands noms comme Binance ou Coinbase n’ont pas encore communiqué officiellement sur le sujet, mais tentent d’éviter les sanctions comme ils le peuvent. Du côté des utilisateurs, la nouvelle vient limiter leur accès à ces plateformes et nombreuses sont les transactions gelées dans l’attente de clarification. Les prochaines semaines s’avéreront décisives pour l’avenir des plateformes en Hongrie.
Un marché Hongrois sous tension
Les réactions n’ont pas tardé et la nouvelle a eu des effets immédiats :
- Le marché de la crypto a fortement ralenti.
- Beaucoup se sont empressés de retirer leurs actifs avant la fermeture des plateformes.
- Un climat de peur s’est installé : de nombreux traders craignent des sanctions judiciaires.
En parallèle, on a pu observer une augmentation du nombre de portefeuilles gérés en « self-custody » (c’est-à-dire de façon privée — probablement via des DEX comme Metamask). Certains essaient de contourner les mesures en utilisant des VPN ou des comptes offshore pour continuer à trader, échappant ainsi aux radars du gouvernement hongrois.
Le risque principal est celui du développement d’un marché noir crypto, et par extension, d’activités potentiellement malveillantes.
Quelles conséquences ailleurs en Europe ?
Cette criminalisation agit comme un vrai signal d’alarme pour les autres pays de la zone UE. Symptôme d’une dérive autoritariste, la législation pourrait créer quelques tensions avec la MiCA (organisme de réglementation européen) qui prône l’harmonisation à l’échelle européenne.
Pour les plateformes de trading, cela pourrait les inciter à examiner attentivement leur conformité vis-à-vis de la loi, notamment dans les pays où le cadre reste mal défini. C’est en quelque sorte un grand « wake-up call » (appel au réveil). Éventuellement, ces dernières devront redéfinir leur stratégie d’expansion en Europe (de l’Est principalement).
Tous les scénarios sont à envisager. Cependant, deux majeurs semblent se dessiner :
- Si la Hongrie clarifie suffisamment le cadre juridique, alors on observerait un retour progressif des services cryptos.
- Au contraire, si elle venait à durcir sa position, alors on peut s’attendre à un « exode » des utilisateurs et à une perte d’attractivité considérante.
Source : Forbes
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