L’UE accorde des licences MiCA à 53 entreprises crypto, Tether et Binance recalés

L’Union européenne passe à la vitesse supérieure sur la régulation des actifs numériques. Mais Binance et Tether restent sur le banc de touche, incapables de répondre aux nouvelles exigences. En seulement six mois, plus de 50 acteurs majeurs, des émetteurs de stablecoins aux plateformes de trading, ont obtenu leur sésame réglementaire sous le cadre MiCA, pour offrir leur services en France.
Un cadre réglementaire pour unifier le marché européen
Selon les données publiées par Patrick Hansen, cadre chez Circle, 53 entreprises ont reçu leur licence MiCA depuis l’entrée en vigueur du texte début 2025.
Cette autorisation leur offre un avantage stratégique majeur : elles peuvent désormais opérer dans 30 pays de l’Espace économique européen sans avoir à redemander un agrément national.
Les bénéficiaires de ces licences couvrent tout le spectre de l’industrie, des poids lourds bancaires comme Société Générale aux plateformes crypto historiques telles que Kraken, Coinbase et Robinhood.
L’Allemagne mène la danse avec 12 licences délivrées, devant les Pays-Bas (11) et Malte (5).
Stablecoins : Tether écarté, Circle et Crypto.com validés
MiCA ne concerne pas que les plateformes d’échange. Il encadre aussi l’émission de stablecoins, ces actifs adossés à des monnaies fiduciaires. Quatorze entreprises ont été autorisées à lancer ou distribuer des stablecoins et jetons de monnaie électronique dans l’Union.
On retrouve parmi elles Circle, l’émetteur de l’USDC, ainsi que Crypto.com, Stablemint et Société Générale. Ensemble, ces acteurs proposent une vingtaine de stablecoins, dont 12 indexés sur l’euro et 7 sur le dollar.
En revanche, Tether, qui émet l’USDT, n’a pas encore décroché de licence MiCA. L’émetteur n’a pas fourni de rapports complets et vérifiés sur les réserves garantissant la valeur de l’USDT, une exigence clé de MiCA.
Conséquence directe : le stablecoin a déjà été déréférencé par plusieurs exchanges européens, dont Coinbase et Crypto.com. Une absence qui souligne les difficultés de conformité auxquelles se heurtent certains géants du secteur.
Binance en retrait, la concurrence prend de l’avance
Si l’absence de Tether surprend, celle de Binance, premier échange mondial en volumes, interpelle tout autant. L’entreprise a récemment nommé Gillian Lynch comme nouvelle responsable Europe et Royaume-Uni, un recrutement censé accélérer sa mise en conformité.
Mais pour l’heure, Binance ne figure pas sur la liste des 53 entreprises validées, laissant le champ libre à ses rivaux. Binance fait face à plusieurs enquêtes réglementaires en Europe, notamment aux Pays-Bas et en France, ce qui ralentit l’instruction de son dossier.
Pour les acteurs déjà certifiés, cette avance réglementaire pourrait bien se transformer en levier commercial décisif. Dans un marché de plus en plus surveillé, la confiance des institutions et du grand public passe par la régulation.
La liste complète des exchanges qui ont obtenu la licence MiCA


Avec MiCA, l’Union européenne entend poser les bases d’un écosystème crypto plus sûr et plus transparent, quitte à bousculer les positions acquises. Une dynamique qui risque de faire évoluer le paysage européen beaucoup plus vite que prévu.
Source : Patrick Hansen
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