Binance dans la tourmente en Australie : l’AUSTRAC impose un audit

La relation entre Binance et les régulateurs n’a jamais été simple. Mais en 2025, l’Australie décide de serrer un peu plus la vis. Le gendarme financier du pays, l’AUSTRAC, estime que la filiale locale de la plateforme de cryptomonnaies n’applique pas correctement les règles contre le blanchiment d’argent. Verdict : un audit externe obligatoire.
L’AUSTRAC met Binance sous surveillance renforcée
En août 2025, le couperet tombe. L’AUSTRAC demande à Binance Australia de mandater un auditeur indépendant chargé de passer au crible ses procédures de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Les enquêteurs australiens évoquent des « failles sérieuses » dans la manière dont la plateforme surveille les transactions suspectes et applique les vérifications d’identité.

Le pays n’agit pas au hasard. L’Australie héberge aujourd’hui plus de 1 600 distributeurs automatiques de cryptomonnaies, soit le réseau le plus dense d’Asie-Pacifique. Un terreau idéal pour les activités frauduleuses si les contrôles ne suivent pas. L’AUSTRAC alerte depuis plusieurs mois sur ces risques. L’institution a souligné que des guichets mal encadrés peuvent devenir des portes d’entrée pour le blanchiment.
Selon CoinDesk, cette obligation est en passe de déboucher sur des recommandations contraignantes, voire sur des sanctions si les failles ne sont pas corrigées rapidement. Pour Binance, déjà sous pression sur plusieurs continents, l’affaire tombe à un moment délicat.
Binance face à une régulation mondiale de plus en plus lourde
Dans presque tous les coins du globe, les régulateurs intensifient leur surveillance des plateformes crypto. Aux États-Unis, Binance a déjà été confrontée à des poursuites pour manquements aux règles KYC. En Europe, la mise en place du règlement MiCA impose désormais des standards précis en matière de transparence et de protection des investisseurs.

Mais, cette évolution n’est pas neutre pour la plateforme fondée par Changpeng Zhao. Historiquement, Binance s’est imposée grâce à sa flexibilité et à une expérience fluide pour l’utilisateur. Cependant, sa philosophie libertarienne entre aujourd’hui en collision avec les nouvelles règles. Vérifications renforcées, plafonds sur les transactions en espèces, traçabilité des transferts : tout cela change l’ADN de l’entreprise.
En Australie, les autorités veulent que Binance applique scrupuleusement les standards du Groupe d’action financière (GAFI). Au nombre de ceux-ci, il y a notamment la « Travel Rule », qui oblige les plateformes à transmettre les données d’expéditeur et de destinataire pour chaque transaction importante.
L’impact direct sur les utilisateurs australiens
Pour les clients, la nouvelle donne est ambivalente. D’un côté, des contrôles plus stricts renforcent la confiance. En réduisant les risques de fraude et de blanchiment, ils crédibilisent un marché encore perçu comme risqué. Des investisseurs institutionnels pourraient même s’y intéresser davantage, attirés par un cadre plus clair.
Mais de l’autre côté, ces règles compliquent la vie quotidienne des utilisateurs. Les inscriptions prennent plus de temps. Les contrôles KYC sont parfois jugés intrusifs. Et certains profils considérés comme « à risque » peuvent tout simplement se voir refuser l’accès à la plateforme. Un paradoxe, car ces restrictions vont à l’encontre de l’image d’accessibilité universelle qui a longtemps fait la force de Binance.
Selon un rapport de TRM Labs, le gouvernement australien prépare en parallèle une modernisation de son régime AML/CFT. Les distributeurs automatiques de cryptomonnaies devraient être soumis à des obligations de vérification et de reporting, afin de limiter les abus. Un signal qui confirme la volonté des autorités d’encadrer le marché à marche forcée.
Source : Binance Square
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