1 M$ sur le bitcoin : la banque centrale tchèque lance un test inédit sur les cryptos

La banque centrale tchèque (CNB) a monté un portefeuille test d’environ 1 M$ en actifs numériques. Il est majoritairement en bitcoin, avec un stablecoin USD et un dépôt tokenisé. Le but est simple : acheter, conserver et comptabiliser des actifs on-chain via un échange régulé. Un retour d’expérience est annoncé d’ici deux à trois ans. Prague précise que cette enveloppe est hors réserves officielles.
Un achat « pilote » à 1 M$ : composition, cadre et horizon
Le cadre a été posé : la CNB a acheté, sur une bourse régulée, un panier test centré sur le bitcoin. Elle y a également ajouté un stablecoin dollar et un dépôt tokenisé. L’exercice est opérationnel, pas spéculatif.
La banque veut ensuite documenter toute la chaîne. Exécution, garde, valorisation, contrôles et écritures comptables sont passés au crible. L’auditabilité compte aussi tout autant. Si les procédures tiennent, un bilan détaillé sera publié dans 24 à 36 mois, avec coûts, risques et frictions identifiés.
Pour l’instant, le montant reste modeste et séparé des réserves de change. C’est un laboratoire. Le gouverneur Aleš Michl parle ainsi d’apprentissage pratique. Priorités : custody (HSM, multi-signature), séparation des rôles et traitement comptable d’actifs volatils. Autrement dit, passer du théorique au concret sans baisser le niveau d’exigence.
Prudence assumée, signal réel : ce que ce test change (ou pas)
La CNB ne change pas son ancrage monétaire. Le bitcoin n’entre pas dans les réserves officielles. Aucune allocation stratégique n’est décidée. Toutefois, le signal est réel. Pour la première fois en Europe, une banque centrale achète du bitcoin dans un cadre programmé et traçable.
L’effet est d’abord réputationnel. Le sujet sort du débat théorique et entre dans la procédure. C’est souvent là que tout se joue. Les limites, elles, sont claires. Le montant ne déplace pas le marché. Mais la pédagogie prime. Mais ce test fixe des jalons utiles : choix du dépositaire, rapprochements, coûts (frais, spreads, conservation) et gouvernance des accès.
Si ces repères sont solides, d’autres institutions publiques pourraient alors reprendre le format « hors réserves ». Objectif : monter en compétence sans engager le cœur du bilan. À l’inverse, un rapport tiède gèlerait le dossier. Ici, la méthode pèse plus que la taille.
Marché, garde, comptabilité : les questions ouvertes
Le chantier est surtout technique. Comment mesurer le risque opérationnel d’une clé privée côté banque centrale ? Quelle méthode de valorisation retenir pour un actif 24/7 ? Comment journaliser chaque signature et chaque transfert pour qu’un auditeur public puisse rejouer la séquence sans angle mort ?
Le test doit ensuite produire des procédures écrites, des journaux d’audit et des tableaux de bord utiles aux équipes finance et risques. La CNB travaille moins l’opinion que la plomberie. Si la procédure tient, l’adoption suivra plus aisément.
Reste la réplicabilité. Les banques centrales n’ont pas les mêmes systèmes ni les mêmes contraintes. Un protocole robuste à Prague ne se copiera donc pas tel quel à Francfort. En revanche, un socle de bonnes pratiques peut émerger : ségrégation, seuils, reporting périodique et intégration à la comptabilité publique. C’est le vrai gain de ce million pédagogique.
Bitcoin Hyper : la seconde couche qui fait passer le bitcoin de l’idée à l’usage
Bitcoin Hyper sert à déplacer de la valeur adossée au bitcoin sans bricolage. L’intérêt est immédiat : des API prêtes à l’emploi, une latence très basse, un débit élevé. L’objectif : améliorer la rapidité du réseau Bitcoin.
Les crypto-actifs représentent un investissement risqué.
La garde suit les standards pros, et la conformité est intégrée : listes autorisées, seuils dynamiques, journaux d’audit horodatés. Résultat, les flux autour du bitcoin deviennent programmables et traçables de bout en bout, sans réinventer la roue côté contrôle interne. Bitcoin Hyper représente une manière opérationnelle de passer du POC à la vraie vie : payer, encaisser, régler, réconcilier. Et la prévente séduit les investisseurs : plus de 25 millions de dollars ont déjà été levés.

Les informations présentées dans cet article ne constituent en aucun cas un conseil en investissement. Elles sont fournies à des fins exclusivement informatives. Le marché des crypto-actifs demeure hautement volatil et comporte des risques significatifs de pertes. Il est recommandé aux lecteurs de n’investir que les montants qu’ils peuvent se permettre de perdre, et de procéder à leurs propres recherches avant toute prise de position sur les marchés.
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