Le fonds souverain norvégien augmente son exposition indirecte au Bitcoin de 192% en 2025

Le plus grand fonds souverain du monde, géré par Norges Bank Investment Management (NBIM), vient de franchir un nouveau seuil dans son exposition indirecte au Bitcoin. En effet, en 2025, celle-ci a atteint l’équivalent de 7 161 BTC, contre seulement 2 446 BTC l’année précédente. Cela représente donc une augmentation spectaculaire de 192 % en l’espace d’un an.
À la valeur actuelle du marché, cette exposition est estimée à environ 844 millions de dollars au mois d’août 2025. Ainsi, bien que NBIM ne détienne pas directement de bitcoins, son allocation d’actifs le place désormais parmi les acteurs financiers ayant un poids significatif sur l’écosystème crypto.
Une exposition indirecte via les leaders de l’écosystème Bitcoin
Pour comprendre cette hausse, il faut revenir sur la stratégie d’investissement du fonds. Plutôt que d’acheter directement du Bitcoin, NBIM investit massivement dans des entreprises cotées détenant elles-mêmes d’importantes réserves en BTC ou opérant dans le secteur crypto.
Parmi ces acteurs figurent MicroStrategy, célèbre pour sa politique d’accumulation agressive, Coinbase, l’une des plus grandes plateformes d’échange au monde, Marathon Digital (MARA), géant du minage, ainsi que Block (anciennement Square) et Metaplanet. Or, ces sociétés possèdent des bilans fortement exposés au Bitcoin, ce qui confère mécaniquement à NBIM une position indirecte sur l’actif numérique.
De plus, cette stratégie offre un double avantage : elle permet au fonds d’obtenir une exposition au potentiel de hausse du Bitcoin tout en restant dans un cadre réglementaire adapté aux investisseurs institutionnels, et elle diversifie son portefeuille en misant sur des entreprises considérées comme pionnières dans l’innovation financière.
Un effet combiné entre valorisation du BTC et allocation sectorielle
L’augmentation de 2025 ne s’explique pas uniquement par des prises de position supplémentaires sur ces sociétés. En réalité, deux facteurs clés se combinent.
D’une part, la hausse du cours du Bitcoin au cours de l’année a mécaniquement gonflé la valorisation des trésoreries en BTC détenues par ces entreprises. D’autre part, NBIM applique une pondération sectorielle automatisée dans ses portefeuilles. Concrètement, lorsque certaines sociétés d’un secteur surperforment, leur poids relatif augmente automatiquement, ce qui renforce l’exposition globale du fonds à ce segment — en l’occurrence, celui des cryptomonnaies.
Ainsi, même sans intention directe d’accroître son exposition au Bitcoin, NBIM s’est retrouvé à intégrer davantage de “risque Bitcoin” dans sa stratégie globale. Ce phénomène illustre parfaitement la manière dont l’actif numérique s’insinue progressivement dans la gestion institutionnelle traditionnelle, parfois sans décision explicite d’achat.
Un signal fort pour la finance mondiale
Le rôle de NBIM ne doit pas être sous-estimé. Avec plus de 1 500 milliards de dollars sous gestion, le fonds souverain norvégien est un acteur capable d’influencer les tendances d’investissement à l’échelle planétaire.
En renforçant, même indirectement, son exposition au Bitcoin, il envoie un signal clair : l’intégration des cryptomonnaies dans les portefeuilles diversifiés n’est plus une hypothèse marginale mais bien une réalité en cours de normalisation.
Par ailleurs, cette évolution pourrait inciter d’autres fonds souverains et gestionnaires institutionnels à analyser leurs expositions indirectes, surtout à l’heure où les ETF Bitcoin et Ethereum se généralisent, facilitant un accès conforme aux exigences réglementaires.
Une étape vers la normalisation du Bitcoin comme actif de référence
Si l’on prend du recul, l’exemple norvégien s’inscrit dans une dynamique plus large d’adoption institutionnelle. D’un côté, les trésoreries en BTC des entreprises cotées atteignent des niveaux records. De l’autre, l’offre de produits financiers réglementés (ETF, ETP, contrats à terme) permet aux grands acteurs de s’exposer sans gérer eux-mêmes la détention de clés privées.
En outre, l’écosystème bancaire évolue rapidement. Des établissements traditionnels comme JPMorgan, Goldman Sachs ou encore BNP Paribas développent des services liés aux actifs numériques, ce qui légitime davantage leur place dans la finance classique.
Dans ce contexte, l’intégration indirecte du Bitcoin par NBIM ressemble à un avant-goût de ce que pourrait devenir la norme : un actif considéré au même titre que l’or ou certaines devises fortes, utilisé comme réserve de valeur et outil de diversification face aux risques macroéconomiques.
Une tendance qui pourrait s’accélérer
À l’avenir, deux éléments pourraient encore renforcer cette intégration. Premièrement, si le prix du Bitcoin poursuit sa trajectoire haussière, la valorisation des sociétés crypto-friendly dans lesquelles NBIM est investi augmentera mécaniquement, amplifiant l’exposition du fonds. Deuxièmement, l’acceptation réglementaire croissante — notamment en Europe avec MiCA — facilite la création de véhicules d’investissement hybrides mêlant actifs traditionnels et numériques.
En définitive, ce mouvement n’est pas isolé mais reflète une transition plus profonde : les cryptomonnaies quittent la marge pour entrer dans le cœur des stratégies patrimoniales globales.
Sources : Nordge Bank Investment Management
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