ETH staking : les firmes en quête de rendement jouent avec le feu, selon Sharplink

Les firmes qui détiennent de l’Ether ne se contentent plus de l’accumuler. Elles cherchent à en tirer le maximum de rendement, quitte à flirter dangereusement avec les limites du risque. Promesses de rendements à deux chiffres, stratégies agressives et course effrénée au profit : pour Joseph Chalom, co-CEO de Sharplink Gaming, ce jeu ressemble à une partie de poker où certains misent trop gros. Et si l’ETH chute…
La quête du rendement, un piège qui en a avalé plus d’un
L’essor des trésoreries Ethereum attire de plus en plus d’entreprises. Détenir de l’ETH, le mettre au travail via le staking et maximiser le rendement semble une stratégie évidente. Mais selon Joseph Chalom, co-CEO de Sharplink Gaming, cette course au rendement pourrait vite tourner à la prise de risque excessive.
« Comme en finance traditionnelle, certains voudront grappiller les derniers 100 points de base, pensant que c’est sans danger », a-t-il expliqué lors d’une interview. En réalité, ces promesses de rendement à deux chiffres cachent de nombreux dangers.
Les risques du staking à haut rendement
Pour Chalom, les menaces sont multiples. Risque de crédit, risque de contrepartie, risque de durée, risque lié aux smart contracts : chaque point de rendement supplémentaire implique une exposition accrue.
Le danger est d’autant plus grand pour les retardataires. Ceux qui arrivent tard dans la course cherchent à compenser leur retard en prenant des positions imprudentes. « Je pense que le plus grand risque, c’est que des acteurs en retard prennent des décisions qui ne sont pas raisonnables », a insisté Chalom.
Un secteur vulnérable aux excès
Des pratiques imprudentes pourraient entacher la réputation de l’ensemble du secteur. On pourrait par exemple assister à des levées des capitaux de manière agressive, des promesses de rendements irréalistes. Mais il est également possible de voir certains de ces acteurs surestimer la capacité de résistance face aux cycles de marché. Tous ces facteurs de risque fragilisent l’écosystème.
Si un retournement brutal du marché survenait, beaucoup de firmes se retrouveraient exposées. Chalom souligne d’ailleurs, un point crucial. Comment s’assurer que la structure financière tienne si Ethereum chute violemment ?
Des chiffres qui donnent le vertige
Aujourd’hui, les trésoreries ETH détiennent environ 3,6 millions d’ETH, soit plus de 16 milliards de dollars au cours actuel de 4 467 $. Sharplink Gaming se classe deuxième avec 3,6 milliards $ d’ETH, juste derrière BitMine Immersion Technologies et ses 8 milliards $.

Cette concentration met en lumière l’ampleur du phénomène. Si certaines firmes gèrent prudemment leurs positions, d’autres pourraient être tentées de surenchérir pour attirer les capitaux.
Entre prudence et adoption
Le débat est encore houleux et oppose deux écoles de pensée. Certains, comme Josip Rupena, ancien analyste chez Goldman Sachs, comparent ces firmes à des produits structurés risqués ayant mené à la crise de 2008. Le parallèle avec les CDO illustre le risque systémique possible si la tendance dérape.
D’autres, comme Matt Hougan de Bitwise, estiment au contraire que ces trésoreries donnent un cadre clair à Ethereum. Pour eux, ces actions transforment l’ETH en un produit que les investisseurs institutionnels comprennent, favorisant ainsi l’adoption.
Une opportunité immense, mais fragile
Chalom est le premier à reconnaître l’intérêt du modèle notamment sur la question de sa scalabilité quasi infinie. Ethereum peut être empaqueté, distribué, valorisé. Mais cette force est aussi sa faiblesse. Car un modèle extensible attire inévitablement des acteurs plus agressifs, prêts à repousser les limites.
Pour l’instant, l’ETH reste solide, soutenu par une demande institutionnelle croissante. Mais la frontière entre rendement attractif et imprudence systémique est fine. Un trop fine peut-être, selon Sharplink.
En définitive : un jeu dangereux
Pour des investissements aussi importants, chercher du rendement à tout prix revient à jouer avec le feu. L’ETH staking peut générer des profits considérables, mais ce n’est pas du pain béni non plus.
Certes le modèle est susceptible de soutenir l’adoption et renforcer la légitimité d’Ethereum. Mais si la quête de rendement vire à la surenchère, le marché n’est pas à l’abris d’un effet domino désagréable.
Source : Bankless
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