Le deal secret Trump–UAE : des crypto contre des puces IA

D’après le New York Times, l’administration Trump aurait facilité la livraison de 500 000 puces IA aux Émirats arabes unis… au même moment où 2 milliards de dollars étaient injectés dans la société crypto familiale de Donald Trump. Un timing troublant, qui a fait bondir la sénatrice Elizabeth Warren. Dans un communiqué cinglant, elle dénonce une “corruption d’État” et une prise de contrôle de la politique américaine.
Un double deal qui fait trembler Washington
Deux accords signés quasiment en même temps, deux bénéficiaires identifiés… et une seule grande question : l’un a-t-il permis l’autre ? C’est ce que laisse entendre l’enquête du New York Times.
D’un côté, le groupe G42, lié à la famille royale d’Abu Dhabi, décroche un accès sans précédent à 500 000 puces IA américaines. Alors qu’ils n’avaient droit, sous l’ère Biden, qu’à quelques milliers, dans le cadre d’un accord ultra-restreint avec Microsoft.
De l’autre, World Liberty Financial (WLFI), la société crypto fondée par la famille Trump, reçoit un investissement massif de 2 milliards de dollars ; venus tout droit d’un fonds d’Abu Dhabi… Dirigé par le même Sheikh émirati qui vient de signer le contrat des puces.
Les journalistes du NYT sont clairs : il n’y a pas de preuve d’un accord officiel. Mais la coïncidence est suffisamment troublante pour inquiéter les milieux politiques et technologiques américains. Surtout quand on sait à quel point ces puces sont devenues stratégiques en 2025.
Petit détail qui change tout : Steve Witkoff, cofondateur de WLFI, est aussi émissaire spécial de Trump au Moyen-Orient. Résultat ? Une société crypto familiale liée à la présidence reçoit des milliards en plein milieu d’un accord diplomatique. Le genre de montage qui fait tousser jusqu’aux analystes les plus prudents à Washington.
Elizabeth Warren tire la sonnette d’alarme
Face à ces révélations, Elizabeth Warren n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué officiel, elle accuse Trump d’avoir permis à un pouvoir étranger de « mettre en danger la politique étrangère américaine » en échange de deals financiers privés. Pour elle, c’est simple : on parle de corruption pure et dure, avec un risque immense pour la souveraineté technologique des États-Unis.

Elle s’inquiète aussi des précédents que cela pourrait créer. Si un président en exercice peut voir ses proches bénéficier de milliards en plein accord stratégique, quelles garanties reste-t-il pour les électeurs ? Et que reste-t-il de la séparation entre business et pouvoir ? Pour Warren, la réponse est claire : “pas grand-chose”.
Ce deal est dangereux pour deux raisons. D’abord, les puces IA sont très puissantes : elles peuvent servir à faire tourner des intelligences artificielles, mais aussi à surveiller, espionner ou même développer des armes. En les envoyant à l’étranger, les États-Unis prennent le risque de perdre le contrôle sur qui les utilise et pourquoi. Ce que l’administration Biden voulait réguler.
Ensuite, le vrai souci, c’est que les deux accords profitent aux mêmes personnes, au même moment. Quand un président ou ses proches touchent de l’argent pendant qu’ils signent un deal diplomatique, on ne sait plus s’ils agissent pour le pays… ou pour eux-mêmes.
Quand affaires et diplomatie s’emmêlent
Ce dossier révèle surtout une chose : les frontières entre business familial et stratégie d’État deviennent de plus en plus floues dans le camp Trump. En permettant à un allié stratégique comme les Émirats d’accéder à des technologies sensibles tout en voyant ses proches gagner des milliards en crypto, Trump brouille les lignes… et contourne les règles.
Et si, derrière cette affaire, se cachait une nouvelle ère de la géopolitique numérique ? Une ère où la crypto devient un levier d’influence aussi puissant que le pétrole ou les armes ?
Source : New York Times, Elizabeth Warren
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