Chine et Corée du Sud : un accord de swap de devises à 49 milliards de dollars

La Chine et la Corée du Sud ont conclu un accord de swap de devises d’un montant de 70 000 milliards de wons (environ 49 milliards de dollars). Cet accord nourrit une ambition claire : simplifier les échanges commerciaux bilatéraux et renforcer la liquidité entre les deux pays. Il s’inscrit dans une stratégie commune de réduction de la dépendance au dollar américain.
Un accord majeur pour stabiliser les marchés et fluidifier les échanges
Ce nouvel accord de swap s’étendra sur cinq ans et remplace celui arrivé à échéance en octobre 2025. Concrètement, il permet aux deux dragons asiatiques d’échanger leurs monnaies nationales (le won et le yuan) afin de maintenir la liquidité et de soutenir les échanges commerciaux en période de tension économique.
D’après le gouvernement sud-coréen, cet instrument financier représente un levier stratégique. En effet, son principal avantage réside dans la réduction de la dépendance au dollar dans les transactions régionales. Par ailleurs, cette orientation s’inscrit dans une tendance plus large observée en Asie, où les membres des BRICS et de l’ASEAN privilégient de plus en plus les règlements en monnaies locales.
Enfin, pour la Chine comme pour la Corée du Sud, cet accord vise également à renforcer la coopération entre leurs autorités monétaires. Ce renforcement mutuel contribue ainsi à consolider leur résilience face aux incertitudes économiques internationales.
Une coopération bilatérale élargie et un signal politique fort
Au-delà de l’aspect monétaire, l’accord s’accompagne de six autres méorandums de coopérations, signés lors de la première visite officielle de Xi Jinping à Séoul depuis 11 ans. Ces partenariats couvrent plusieurs secteurs : commerce, économie numérique, agriculture, lutte contre la fraude en ligne, et la “silver economy”, un domaine en pleine expansion lié au vieillissement de la population.
Les présidents Leaa Jae-myung, Xi Jinping ont aussi discuté de la relance de l’accord bilatéral de libre-échange et du développement d’investissements conjoints dans les technologies vertes et les semi-conducteurs. Pour la Corée du Sud, ces engagements sont une opportunité de renforcer sa stabilité financière et de consolider ses réserves de change, mises sous pression par le resserrement monétaire mondial.
Une stratégie d’équilibre dans un contexte géopolitique mouvant
La Corée du Sud renforce ses liens économiques avec la Chine dans un contexte diplomatique délicat. Ainsi, Séoul cherche à concilier son alliance stratégique avec les États-Unis et sa dépendance commerciale envers Pékin, son principal partenaire.
Selon plusieurs analystes, cet accord de swap traduit une volonté de gagner en autonomie financière et de se doter d’alternatives en cas de tensions entre grandes puissances. Pour la Chine, il s’agit d’un instrument de diplomatie économique pragmatique, destiné à consolider son influence régionale et à soutenir une économie intérieure fragilisée.
Source : Cryptopolitan.com
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