Bitcoin est-il devenu l’arme de poing des pays sous sanctions ?

L’époque où le minage de Bitcoin se limitait aux entrepôts du Texas ou aux fermes clandestines chinoises est révolue. En cette fin d’année 2025, une nouvelle carte géopolitique transforme les kilowatts excédentaires de l’Éthiopie, de la Russie et du Golfe en puissance souveraine. Le Bitcoin n’est plus une simple curiosité spéculative, c’est une arme de résistance contre l’hégémonie du dollar et un bouclier technologique face aux pressions diplomatiques internationales.
L’Éthiopie et les pays du Golfe : le réveil des géants de l’énergie
Le cas de l’Éthiopie est sans doute le plus spectaculaire de cette année 2025. Grâce au barrage de la Renaissance (GERD), une infrastructure titanesque, le pays dispose d’une capacité hydroélectrique dépassant largement ses besoins domestiques actuels. Plutôt que de laisser cette énergie se perdre ou d’attendre des décennies que le réseau national soit prêt à tout absorber, Addis-Abeba a fait un choix pragmatique et audacieux.
Le pays monétise ses surplus en accueillant les mineurs mondiaux en quête d’énergie stable et bon marché. Cette stratégie permet de générer des devises étrangères indispensables pour rembourser la dette nationale, tout en restant hors des circuits financiers occidentaux classiques. Le pays est désormais un centre de gravité majeur du réseau, prouvant que le minage peut être un moteur de développement pour les nations émergentes.
De leur côté, les pétromonarchies du Golfe ont opéré une transition mentale radicale. Des pays comme les Émirats arabes unis utilisent désormais le gaz de torchage, un sous-produit autrefois brûlé à l’air libre faute de pouvoir être transporté, pour alimenter des centres de données mobiles. En transformant des déchets industriels polluants en actifs numériques hautement liquides, ces nations renforcent leur souveraineté financière.
Ce minage « opportuniste » offre une couverture stratégique et une diversification économique majeure dans un monde qui cherche à sortir de la dépendance exclusive aux hydrocarbures. Le partenariat entre les fonds souverains locaux et les géants du secteur témoigne de cette ambition de contrôler la chaîne de valeur de la monnaie numérique dès sa création.
La Russie et la doctrine du minage souverain comme outil de guerre
La Russie a franchi une étape décisive entre 2024 et 2025 en légalisant officiellement le minage industriel à l’échelle nationale. Pour Moscou, l’objectif n’est pas seulement économique, il est existentiel. Il s’agit d’utiliser l’énergie abondante et glacée de Sibérie pour accumuler des Bitcoins de manière massive et systématique.
Ces actifs servent ensuite de lubrifiant pour faciliter les règlements internationaux avec des partenaires commerciaux, contournant ainsi le système SWIFT et les gels d’avoirs pratiqués par les banques centrales occidentales. Le minage est devenu une priorité nationale, gérée avec la même rigueur que l’extraction de gaz naturel ou de pétrole.
En exploitant ses surplus énergétiques, le Kremlin transforme l’électricité en une monnaie globale que personne ne peut censurer ou saisir à distance. Cette évolution marque la naissance d’un système financier parallèle où la puissance de calcul d’un pays devient un indicateur direct de sa résilience diplomatique.
Bitcoin agit ici comme un canal de valeur neutre, capable de voyager à travers les frontières sans l’aval d’une banque correspondante ou d’un régulateur étranger. Les détails de cette législation et ses implications directes sur le commerce extérieur russe montrent comment le minage est devenu une pièce maîtresse de la survie économique face aux sanctions.
Le Bitcoin comme bouclier contre l’exclusion financière mondiale

La grande question qui agite les chancelleries en 2026 n’est plus la consommation électrique du réseau, mais la répartition mondiale du hashrate. Pour les pays ostracisés ou en développement, la capacité à miner est une police d’assurance technologique. C’est la seule monnaie au monde qui ne connaît ni frontières physiques, ni listes noires, ni blocages arbitraires décidés par une puissance centrale.
En convertissant l’énergie brute, issue du vent, du soleil ou de l’atome, en valeur numérique universelle, ces nations s’offrent une autonomie inédite. Elles ne sont plus de simples utilisatrices de la monnaie des autres, elles en deviennent les producteurs.
Le Fonds Monétaire International multiplie d’ailleurs les avertissements sur cette fragmentation financière qui échappe aux contrôles habituels et menace l’efficacité des sanctions économiques traditionnelles.
À l’approche de 2026, la bataille pour la domination de la puissance de calcul ne fait que commencer. Le contrôle de l’énergie est désormais indissociable du contrôle de la monnaie. Dans ce nouveau grand jeu, le Bitcoin n’appartient à personne, mais sa maîtrise technique appartient à ceux qui ont compris que l’électricité est la monnaie de demain.
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