Le Bhoutan transfert à nouveau 213 Bitcoins vers Binance : faut-il s’inquiéter ?

Niché dans les sommets de l’Himalaya, le Royaume du Bhoutan est un petit pays dont on ne connaît pas grand-chose si ce n’est quelques-uns de ses paysages et son appétence pour le Bitcoin. En effet, à l’image du Salvador de Nayib Bukele, il se fait pionnier de l’adoption de l’or numérique et de son minage. Cette semaine, il continue de nous surprendre en transférant des millions d’euros en Bitcoin vers la plateforme Binance. Que se cache-t-il derrière ces opérations ? On vous dit tout.
Le Bhoutan et le Bitcoin : une véritable histoire d’amour
Le pays est partisan du minage de Bitcoin depuis maintenant plusieurs années. La raison ? En faire une source de revenus et un moteur de sa croissance. Effectivement, difficile de produire de la richesse avec un territoire 14 fois plus petit que la France. La solution était toute trouvée, embrasser l’ère du numérique et se tourner vers des alternatives.
C’est ainsi que, discrètement, il accumule du Bitcoin via une société d’état : la « Druk Holding & Investments ». Cela lui permet de détenir aujourd’hui l’une des réserves plus importantes de la célèbre cryptomonnaie. Estimée à plus d’1 milliard de dollars, elle constitue un réel trésor crypto souverain.

Pourquoi choisir le Bitcoin ? Parce que le royaume bouddhiste le voit comme un actif stratégique dans la diversification de ses revenus et utilise sa production hydroélectrique pour alimenter son minage.
Des transferts massifs vers Binance : le couple bat de l’aile ?
Malgré cet historique et son affection pour Bitcoin, le Bhoutan se déleste activement auprès de Binance. Désintérêt ? Pris de profits ?
Le timing pourrait nous laisser croire qu’il s’agit d’une sécurisation de ses gains alors que Bitcoin s’approche de la barre des 110,000 dollars.
Autre possibilité : celle d’une recherche de liquidités. Le royaume, selon quelques rumeurs, chercherait à financer des projets domestiques de grandes ampleurs, en lien avec la blockchain. Cela pourrait faire intervenir des partenariats internationaux.
Bien que ces mouvements ne soient jamais anodins, la démarche semble calculée et tout à fait stratégique : elle intervient une semaine après un autre transfert.
Quel signal pour la crypto à l’international ?
Un état qui interagit avec un CEX (une plateforme centralisée) est plutôt rare et témoigne d’une adoption par les institutionnels. En dépit d’une régulation plus poussée et de certaines difficultés passées (comme celles qu’a pu connaître Binance et son ancien CEO Changent Zhao), les CEX sont en train de devenir des acteurs majeurs dans l’écosystème institutionnel.
De plus, avec cette gestion crypto « étatique », le Bhoutan envoie un signal fort aux autres gouvernements : celui d’une utilisation proactive plutôt que de l’hyper-régulation. Là où de nombreux pays restent prudents et serrent la vis, à l’instar de la Chine ou de la Nouvelle-Zélande.

Cependant, la manœuvre peut impacter le sentiment sur le Bitcoin : un tel transfert pourrait envoyer le signal d’un « top » et encourager certains à liquider en partie leur position, comme le fait le Bhoutan. Doit-on s’attendre à une baisse du cours ?
Une adoption institutionnelle au détriment des particuliers ?
La finance traditionnelle prend peu à peu le pli de la crypto et tente tant bien que mal de se l’approprier : ETF, produits hybrides, actions tokénisées… Certains institutionnels essaient, plutôt que de trop réguler, de pénétrer le Web3 par l’intérieur. De plus en plus d’institutions, et désormais d’états, investissent dans la crypto et s’en servent comme un outil financier.
Le Bhoutan en est l’exemple parfait, sa gestion souveraine pourrait inspirer d’autres pays à adopter la crypto comme un moyen de booster leur économie (notamment les pays en développement ou dont les possibilités de ressources sont limitées). D’ailleurs, les analystes s’attendent à ce que ces opérations soient liées au développement d’une politique plus ambitieuse encore.
Toutefois, cette adoption croissante nous montre que la crypto est davantage un jeu de « whale » (baleine) dont les règles n’ont de cesse d’évoluer. Les investisseurs particuliers sont contraints de l’observer et doivent peu à peu s’habituer au climat d’incertitude qu’il instaure.
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