{"id":31056,"date":"2018-11-26T06:00:00","date_gmt":"2018-11-26T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/fr.cryptonews.com\/?p=31056"},"modified":"2024-05-06T11:36:52","modified_gmt":"2024-05-06T11:36:52","slug":"zahreddine-touag-l-art-de-la-polyvalence-2387","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cryptonews.com\/fr\/exclusives\/zahreddine-touag-l-art-de-la-polyvalence-2387\/","title":{"rendered":"Zahreddine Touag: L’art de la polyvalence"},"content":{"rendered":"
Zahreddine Touag<\/b> a plusieurs cordes à son arc. En plus d’avoir été honoré au sein de la très sélect liste « Forbes 30 under 30<\/i> », il est trader en chef pour Woorton<\/a><\/b> (premier broker-dealer & marker-maker de crypto-actifs français), porte-parole pour l’AFGC<\/a><\/b> (Association Française pour la Gestion des Cybermonnaies), et co-organisateur des CryptoMondays Paris<\/b>. Ce spécialiste en cryptos nous en dit plus sur son parcours.<\/p> Comment avez-vous découvert le monde des cryptos et comment vous êtes-vous retrouvé dans l’aventure des CryptoMondays Paris?<\/b><\/p> En 2014, je recherchais un travail en finance de marché à New York où je vivais. La compétition pour accéder à ces postes était extrêmement difficile, surtout avec un diplôme français peu connu de Wall Street. Afin de maximiser mes chances d’obtenir un emploi et ainsi pouvoir rester sur le territoire américain faute de visa, j’ai fini par postuler dans des secteurs alternatifs et j’ai trouvé une annonce sur Craigslist pour être trader assurant la liquidité en bitcoin du Bitcoin Center of New York City<\/b> à Wall Street. L’entretien s’était très bien passé, mais mes interlocuteurs ont voulu me rémunérer en bitcoin, chose que j’ai tout naturellement refusé à l’époque par manque de compréhension de ce qu’était et allait être bitcoin. J’ai fini à la Société Générale<\/b> sur Park Avenue, sur un desk de trading de matières premières. Intrigué par ce fameux entretien, j’ai fini par creuser le sujet. Je suis donc entré dans un secteur qui est devenu une passion par pur hasard.<\/p> CryptoMondays Paris est une initiative lancée à New York par Lou Kerner<\/b>. Nous avons décidé de lancer l’antenne française de l’événement avec Michael Amar<\/a> de Chain Accelerator<\/a>, Charlie Méraud, Karim Sabba et Alexandre Martzloff de Woorton et de l’AFGC, ainsi que Jeremy Simah et Elie Ohayon de Datalents. Notre objectif a été de rassembler la communauté crypto lors d’évènements conviviaux en faisant toujours en sorte de faire intervenir des speakers de grande qualité. Nous sommes aujourd’hui un peu dépassés par le nombre d’inscrits à chaque événement ce que je considère comme un beau succès. Nous travaillons également avec la même équipe et de nouveaux partenaires à un second projet de plus grande envergure dont vous entendrez certainement parler dans les prochaines semaines.<\/p> Il y a en ce moment une volonté du gouvernement français de définir un cadre juridique pour les entreprises de la blockchain. Est-ce que les choses vont dans le bon sens selon vous?<\/b><\/p> Il y a en effet une volonté politique de définir un cadre juridique visant à favoriser le développement de l’écosystème crypto\/blockchain sur le territoire national. Je pense que les choses vont dans le bon sens au vu de la situation précédente, du changement de posture politique qu’il y a eu mais également au vu de la collaboration qu’ont les différents pouvoirs publics entre eux. En effet, il est important de noter que Bruno le Maire<\/b> a été et est encore le moteur de ce mouvement en coordination avec différents députés de la majorité ou non, tels que Pierre Person, Laure de la Raudière et Eric Bothorel ou encore avec l’AMF dont la compréhension de l’écosystème par rapport à d’autres régulateurs n’est plus à rappeler. Un travail remarquable a été effectué mais il est loin d’être terminé et nous espérons pouvoir continuer à avancer dans le bon sens.<\/p> Vous êtes porte-parole de l’AFGC, que pouvez-vous nous dire au nom de cette association?<\/b><\/p> L’AFGC a été force de proposition sur de nombreux sujets telles que la réglementation des prestataires de service en crypto-actifs ou encore la fiscalité sur laquelle notre commission travaille encore d’arrache-pied. Beaucoup de nos propositions ont pu être reprises grâce au travail de qualité qui a été produit. Nous avons eu à cœur de mélanger des experts et entrepreneurs du secteur des crypto-actifs à des experts en réglementation, avocats fiscaliste, juristes spécialisés, comptables, responsables de banque ou de fonds d’investissement.<\/p> Notre mission est néanmoins loin d’être terminée car il reste de nombreux sujets à résoudre afin de devenir réellement attractif et moteur européen (comptabilité, conservation pour les fonds d’investissement, définition précise du cadre pour les prestataires, standard de lutte anti-blanchiment etc). L’AFGC est aujourd’hui la plus grosse association structurée d’Europe sur le sujet des crypto-actifs et de la blockchain et elle restera mobilisée avec l’aide de ses nombreux membres à l’élaboration du nouveau cadre français à venir, puis européen.<\/p> Le grand public est encore peu concerné par les cryptomonnaies. Qu’est-ce qu’il faudrait pour que ça change et dans combien de temps pensez-vous que l’on va assister à une adoption de masse des cryptomonnaies?<\/b><\/p> Je pense que l’adoption de masse n’est pas pour tout de suite pour plusieurs raisons.<\/p> La première est la capacité limitée des blockchains publiques actuelles à assurer un niveau élevé de transactions tout en restant décentralisées. Il existe en effet un trade-off<\/i> entre décentralisation et scalabilité (je n’évoque pas les blockchains privées, puisqu’elles n’ont pas d’intérêt particulier de par leur centralisation et donc la confiance limitée qui peut être accordé au réseau si ce n’est l’optimisation de base de données de manière exponentielle).<\/p> La seconde est la capacité limitée des blockchains à transférer de la donnée entre elles (monétaire ou autre), on parle ici « d’interopérabilité ». Nous sommes aujourd’hui dans un univers ou chaque crypto-actif a un usage particulier. Le passage de l’un à l’autre se fait encore difficilement et avec des frottements rendant la solution peu attractive pour le moment.<\/p> La dernière est la complexité de l’utilisation de cette technologie et des actifs numériques sous-jacents. Très peu de personnes savent aujourd’hui comment fonctionne exactement le protocole TCP\/IP, IMAP ou SMTP. Pourtant tout le monde utilise Internet et les emails car c’est très simple et user friendly<\/i>. Aujourd’hui seules les personnes ayant une compréhension de cet écosystème utilisent les crypto-actifs de manière avertie, mais cela changera à l’avenir avec des interfaces plus simples et ne nécessitant pas de comprendre le protocole dans son intégralité pour l’utiliser.<\/p>